Sri Lanka

Publié le par Marien

Sri Lanka

Notre premier voyage dans la région fut le Sri Lanka, à 4 heures d'avion.

L’eau des sept pluies – voyage au Sri Lanka (extraits)

ici, les tickets de bus

s’achètent comme les poissons

à la criée

des voix cacophoniques résonnent dans toute la gare

des chants pour remplir le bus

qui reste ouvert durant toute la durée du trajet

et qui freine dès qu’une main se lève

Sri Lanka

Nous sommes accueillis par le gérant d’une manufacture de casquettes et de chapeaux. Nous dormons au-dessus de l’atelier, avec l’odeur des machines à coudre et les mygales visiteuses d’un soir. C’est une chambre au drap vert. Comme l’espoir dans le travail de ces femmes qui cousent chaque jour des dizaines d’articles. La noblesse des mains alliée à la perfection de la machine. Le sourire de ces femmes.

Le lendemain, le fils m’emmène en promenade dans les rues de la ville. Il ne dit pas un mot mais me cueille parfois des fleurs. Il me fait visiter un temple, un cimetière, une école. Il me semble que ces endroits sont les plus importants de la ville. Mais aussi de la vie. On y grandit, on y passe, on y prie, on y reste. On traverse notre existence dans ces lieux.

Dans cette maison, la femme qui cuisine ne mange pas avec nous. Mais sa présence est vivante. Elle sourit à nos yeux gourmands et nos ventres affamés. Nos mains servent de couvert. Le riz à la noix de coco et les fruits sont un délice.

La nuit est douce. Nous marchons le long de l’étendoir à linge, avec des palmiers et des fleurs près de nous. On s’allonge enfin sur la route pour respirer ce pays par le dos.

Pour parfaire la fraîcheur, la pluie tombe sans vaciller sur nos corps sereins. Une douche de lumière qui lave notre visage et parfume notre sourire.

Sri Lanka

Au temple Bouddhiste

Chaque jour

Des dizaines d’âmes

Habillées de blanc

Viennent offrir des fleurs

Aux lumières de Bouddha

Et déposent

Un seau un verre une cruche

D’eau sacrée

Au pied de l’arbre qui guérit

Des bougies s’allument

Et ce sont les yeux qui brillent

D’un espoir nouveau

D’une prière répétée

Pour toujours

Comme au premier jour

Sri Lanka
Sri Lanka

Voyage en train. Les portes restent ouvertes même pendant qu’il est en marche. Ainsi l’on peut s’asseoir sur les marches du wagon et contempler le paysage qui défile, saluer les habitants, les vaches, les papillons, les arbres, les poteaux électriques penchés, les singes en famille. D’immenses palmeraies vertes contrastent avec les rizières ou les zones plus sèches teintées de brun. Quelques villages. De la poussière et de la fumée dans les yeux. L’impression de vivre un film sans montage ni effets spéciaux.

Sri Lanka

Vous êtes ensuite accueillis par des enfants qui ne parlent pas la même langue que vous et qui vous emmènent sur la rive où partent les barques de pêcheurs. Ils vous font signe de les suivre à coups de rires généreux qui veulent dire que vous êtes le bienvenu. Ils vous emmènent dans le jardin d’un inconnu qui vous salue en ramassant les feuilles tombées de l’arbre.

Au loin, la plage, les rochers, des grues, des falaises, des îles, des cargots.

Le monde.

Sri Lanka

Puis ils m’emmènent chez eux et je rencontre toute la famille. Les sœurs, la mère, le père. Chacun me déclame son prénom que j’essaie de répéter avec le moins de maladresse possible. La plus grande des sœurs gribouille avec sa bouche quelques mots d’anglais. L’occasion d’un fou rire et quelques instants plus tard, je mange avec eux des petites baies dont j’ignore les noms, cueillies sur l’arbre voisin. Une offrande.

C’est une maison en pierre et en bois sans porte, seulement des rideaux de couleurs, du vent dans les couloirs. Il y a une barque au fond du jardin. La mer regarde la maison et la maison regarde la mer.

Les enfants m’apprennent l’usage de l’eau et l’eau leur apprend l’usage de la vie. Ils en viennent, ils y grandissent, ils y retournent. A coups de roulade et de jeux pour se sentir fort. Et rester ensemble. Sans parler, ils courent d’un endroit à un autre, escaladent un rocher, traversent une clôture, longent la plage. Je les suis et observe ce paysage, à la fois désolé, à la fois majestueux.

Sri Lanka

Cette région a connu des heures difficiles où la guerre faisait rage. L’autorité militaire est toujours très présente. Les zones de combats abritent désormais ces maisons, ces familles, ces vies. Et l’on fait sécher le linge, les mille couleurs que la vie porte lorsqu’elle s’habille en nous, sur la rouille des vieux fils barbelés.

Sri Lanka

Le Sri Lanka, un poème à ciel ouvert

Le cœur battant

Une fenêtre sur l’âme

D’un monde encore à faire

Marien, juillet 2013.

Publié dans Voyages

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