Escapade à Bali

Publié le par Marien

En avril, nous sommes partis séjourner un long weekend sur l’île de Bali, en Indonésie, à 2 heures d’avion. Voici un long poème-histoire illustré de photos…

Singapour, quitter, Singapour, transpirer Singapour, arpenter les rues étouffées et se sentir minuscule mais faire partie de l’immense. Protéger sa peur dans l’opacité des rues et des magasins, consommer pour exister, pour la gloire d’un pays qui ne sera jamais le notre.

Quitter Singapour.

Bali.

Denpasar.

Ses rues bruyantes et ses nuits chaudes. Bali et ses printemps bouillonnants, ses printemps éternels de lumière et de verdure, retrouver des mains qui se tendent pour demander, réclamer, se souvenir.

Et des sourires qui sourient pour sourire

Des offrandes déposées par terre dans la rue ou dans les niches chaque matin.

Des sourires pour dire qu’on ne sait pas mais qu’on sait.

Des sourires pour dire qu’on ne comprend pas mais qu’on comprend tout.

Escapade à BaliEscapade à Bali

Il y a très longtemps, lorsque le monde ne parlait pas encore avec le monde, il y avait un pays où les arbres étaient plus nombreux que les voitures, les arbres avaient le vent pour souffler, les fleurs avaient les couleurs pour s’habiller, les plantes avaient la terre pour grandir. Un homme balaye devant sa porte pour que sa maison soit accessible aux étrangers.

A cette époque-là, dans les jardins, des chants d’oiseaux, de fleurs et de coqs, des bruissements d’arbres et d’ailes, tout était chant. Des ailes de l’oiseau au chant du coq, un bruissement de feuilles, jusqu'au balayage de l’homme.

Les oiseaux et les plantes ont écouté l’homme balayer devant sa porte, l’homme a écouté son jardin en balayant devant sa porte, il a tout balayé, sauf les chants de feuilles et de plumes. Et l’écorce. Et de l’écoute du chant du balayage par le chant des feuilles et des plumes est né le premier poème. Et dans ce pays-là, on n’a jamais coupé les arbres, enfermé les coqs, les oiseaux, chaque matin lorsqu’on balaye devant sa porte, on laisse entrer les chants du jardin et on écoute le premier poème du jour, le poème du matin.

Escapade à Bali
Escapade à Bali

Il était une fois

Dans un pays lointain

Un ciel si bleu qu’il enveloppait

Le visage des amoureux

Un oiseau si gai qu’il enivrait l’oreille

Des femmes et des enfants fatigués

Une rivière si douce

Qu’elle lavait tendrement le corps

Des ouvriers harassés

Une maison si petite

Qu’elle ouvrait sa porte

A tous les voyageurs égarés

Si bien

Que dans ce pays-là

Est né d’une rencontre

D’une fatigue

D’un rire

Et d’une lumière

Le premier poème

De l’humanité

Escapade à Bali
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Escapade à Bali

Il était une fois, dans un lointain pays, il y a très longtemps

Une fleur au goût d’enfance

Un oranger sans couverture

Un regard ouvert sans contour

Un vieux mur de brique

Un toit de paille

Un homme qui balaye en chantant

Un oiseau qui lui répond

Un arbre sans projet

Une femme qui boit le thé

Un enfant qui dort contre elle

Une silhouette qui se fond dans le noir

Un drap qui sèche au balcon

Une source qui devient rivière

Une petite robe accrochée à la porte

Une petite fille qui va s’habiller

Un silence qui crépite

Une aube singulière

Un livre qui s’ouvre

Une main qui se tend

Une fenêtre qui s’ouvre

Un verre qui se remplit

Un autre qui se vide

Une parole cachée

Un soleil lointain

Une respiration sous les pas

Un rire qui chante sa joie

Une cuisine qui se prépare

Un vent qui traverse les feuilles

Une aise sans répit

Un tissu qui respire

Un chat qui retrace sa route

Une jeune fille qui se lève

Un rêve qui s’installe,

Le premier poème.

Escapade à Bali
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Escapade à Bali
Escapade à Bali

Les hommes ont des fleurs

Dans les cheveux

De jeunes filles sûrement

Leur en ont déposé

A l’entrée du temple

Avec leurs mains

Gracieuses de transparence

Les fleurs de frangipaniers

Resteront gardiennes

Eclairées

Du mystérieux miracle de l’évidence

La vie

Escapade à Bali
Escapade à Bali

Je reviens de cette île

Avec des papillons dans les yeux

Des fleurs de frangipanier dans les cheveux

Des chants d’étourneau dans les oreilles

Je reviens de cette île

Avec des papillons dans les yeux

Des chants d’étourneau dans les oreilles

Des filets de pêcheurs dans les mains

Pour attraper des rêves au fond de la mer

Je reviens de cette île

Avec Lelong, Barong, Sanghyang,

Des danses sacrées

Qui parlent à mon âme

Sans le moindre mot

Je reviens de cette île

Avec du soleil sur la tête

Des temples d’eau vive, de pierre et de silence

Des sources d’eau pure

Où plonger mes mains

Pour nager au fond de tes yeux

Escapade à Bali
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Publié dans Voyages

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