Panoramas de la Nouvelle-Calédonie

Publié le par Marien

Nouvelle-Calédonie, le Pays du Matin

Ce pays est un baiser de Dieu. L’est et l’ouest de la Grande Terre sont deux rives se collant l’une à l’autre comme deux lèvres qui s’embrassent, cette cartographie formant une longue bouche allongée. Au large, les quelques îles loyautés semblent être les traces du souffle de ce baiser, posées là comme par une expiration divine, un soupir d’aise, le vent ayant fait son œuvre.

Son rythme est marin. Les habitants ne redoutent pas la mer, ils l’apprivoisent et lui sourient. Elle leur donne à manger, l’occasion de pratiquer de multiples sports et loisirs, et des navigations de plaisance infinie.

Mais plus que tout cela, elle leur offre une douceur de vivre, un oxygène éblouissant, purifiant. Ici, on trouve des centaines de papillons bleus. Il n’en existe que dans les écosystèmes totalement non-pollués.

Elle leur donne du rêve bleu turquoise et des lagons de bonheur. Ses côtes majestueuses sont digne d’un architecte céleste, quelque soit son nom. La richesse et la profondeur des fonds marins est ahurissant : coraux, poissons, myriades de couleurs, vie cachée et précieuse.

A couper le souffle.

J’ai découvert une dimension sacrée et nécessaire à la pêche. C’est un rituel. Pour se nourrir. Pour célébrer. La vie comme la mort. On pêche chaque jour, mais aussi pour les deuils et les naissances.

Les écosystèmes sont riches et uniques – ce pays est le 4ème plus riche du monde en terme de biodiversité

Mangroves, forêts primaires, trous d’eaux, crabes de cocotiers et tortues, maquis minier, cascades, fleuves, vallées, montagnes, rivières souterraines, le relief est dense et vallonné

C’est un pays très fleuri. Je n’ai jamais vu de cimetière aussi coloré qu’en Nouvelle-Calédonie. Parfois, il y a tellement de fleurs qu’on ne voit même plus les tombes !

La population est soudée par la coutume (le fait de s’offrir un tissu de bienvenue pour se présenter : pour celui qui arrive et pour celui qui reçoit). C’est un moment solennel et intense et à la fois intégré à la vie de tous les jours. Les traditions sont tellement vivantes qu’on a l’impression que la modernité n’a rien changé à ce qui se trame et se construit depuis toujours dans ce pays. Tout le monde se connaît et se salue. C’est un beau geste et également l’antidote face au mal du siècle : l’indifférence. Voire la méfiance. La peur. Le rejet (dernière marche de l’escalier).

La vie est douce, tranquille et légère. Peu de stress. Les gens se lèvent tôt le matin (le soleil se lève vers 4h30) et l'essentiel de la journée se passe le matin.

Les hommes et les femmes ont des visages souriants et des couleurs de peaux magnifiques. Leurs paroles ressemblent à du miel et on sent la chaleur de tout un peuple dans une simple expression de joie ou d'étonnement.

Il y a un langage très particulier. Chaque tribu a sa langue et le français est parlé avec des dizaines d’expressions locales :

Tata = Au revoir

Net = C’est vrai

Casse pas la tête ! = expression très répandue utilisée tout le temps. Veut dire « on va pas s’embêter… »

Caisse à ignames= le ventre

Cache-papayes = soutien-gorge

C’est ça aussi = c’est super !

La nourriture est somptueuse. Le miel, je ne vous raconte pas. Et le plat traditionnel, le Bougna, qu’on élabore et fait cuire en terre sans aucun élément électroménager, tout fait avec des éléments de la nature : feuilles de bananiers pour emballer les légumes et les poissons, pierres chaudes pour faire fondre le jus de coco à l’intérieur, lianes pour nouer le tout, et hop, sous la terre, au four ! Quand c’est cuit, c’est tout un rituel pour éteindre le feu, démonter le fou, et déguster !

J’ai eu la chance d’assister à la préparation, et mon régal n’en a été que plus intense !

Le peuple kanak possède un sens pratique de la survie. Le développement durable ? Ils le font depuis toujours. Par nécessité. Pas besoin de leur apprendre à recycler l’eau ou à éteindre les lumières : sans eau courante ni interrupteur, facile !

L’eau de la douche est parfois recyclée pour la vaisselle…ou pour les fleurs, les arbres, qui, en plus de décorer, apportent des chants d’oiseaux et des médicaments (les deux enfants de la famille avec qui j’étais ont eu une petite gastro autour du premier de l’an…un ami de la tribu nous a apporté une plante ayant un peu le goût de l’épinard….miracle, guérison immédiate…pas de consultation chez le généraliste, pas de remboursement par la sécu…)

Le système est antiéconomique et chacun s’y retrouve. Il n’y a pas de puissants ni de pauvres. Les repères et les valeurs ont changé.

Malheureusement cette harmonie a été brisée aux heures noires de la colonisation française.

Les rites et les coutumes ont été menacées, les peuples kanak ont été chassés de leur terre (un kanak sans un morceau de terre, ce n’est plus vraiment un kanak)

La France ayant appelé à une émigration massive de résidents d’outre-mer afin de rendre les kanaks minoritaires sur l’île…pour tranquillement ensuite proposer un référendum sur l’indépendance….Vous pensez bien que la majorité des français de métropole ayant tous les avantages d’une expatriation dans ce paradis terrestre ont bien sûr dit non….les kanaks étaient encore plus réduits, tout cela bien démocratiquement.

Mais la culture est vivante et elle résiste.

Le combat a été sanglant. Un film (dont la réalité historique est cependant contestée) en témoigne : l’ordre et la morale, de Kassovitz.

Des accords ont été signé et la France laisse désormais les kanak tranquilles. Le pays est dans un processus d’auto-détermination, donc n’appartient plus vraiment à la France sans être pour autant totalement autonome. Un nouveau référendum est prévu en 2018.

J’ai été séché d’émerveillement devant la beauté de ce pays. Je suis lavé d’un coup de foudre. Refait à neuf. Vierge. Comme les forêts de ce pays.

Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...
Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...
Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...

Sud de la Grande Terre, Yaté, Boulari ...

Depuis L'avionDepuis L'avion
Depuis L'avionDepuis L'avion

Depuis L'avion

La rivière et les framboises ...
La rivière et les framboises ... La rivière et les framboises ... La rivière et les framboises ...
La rivière et les framboises ... La rivière et les framboises ...

La rivière et les framboises ...

Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
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Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
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Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...
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Le Centre Culturel Tjibaou, Nouméa, vue du Sémaphore...

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Publié dans Voyages

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